Hildegarde de Bingen

Hildegarde recevant l’inspiration divine (manuscrit médiéval)

J’ai lu dans un blog, je ne sais plus lequel, le nom de cette personne, Hildegarde de Bingen. J’ai eu la curiosité d’aller sur internet pour en savoir un peu plus. C’est formidable internet, on y trouve plein de choses intéressantes. Clairement, c’était quelqu’un d’assez formidable : écrivaine, musicienne, un peu médecin, elle a inventé une langue parlée et écrite par elle seule. Et elle avait la foi. Ce qui n’est pas mon cas. Enfin, si, mais ce serait un peu long à expliquer.

Elle a vécu principalement au 12ème siècle et elle est morte à 81 ans.

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Je devrais

Je devrais être capable de dire pourquoi je mets telle ou telle photo, ce qu’elle m’inspire. Je devrais être capable de comprendre, d’expliquer pourquoi, d’analyser. Mais cette capacité me fait défaut, je reste à la surface des choses. Ici, c’est ce regard de défi, la couleur de ses cheveux dont on pourrait croire qu’il sont noirs, alors qu’ils ne le sont pas, c’est la lumière qui fait ça. Ses seins qui sont comme un défi, eux aussi.

La transparence qui montre les seins, ce n’est pas une offrande, c’est une carapace, une autre carapace. Les lèvres entre-ouvertes, ce n’est pas du désir, mais une menace. Il y a quelque chose de dangereux, de risqué. J’en déduis qu’elle n’est pas sûre d’elle-même. Qu’elle doute. De quoi ? D’elle ? Des autres ? Que montre-t-elle, après tout ? Pas grand chose. Une partie de son corps. Mais le reste, c’est-à-dire l’essentiel, elle le cache.

Photo piquée sur un blog. Il se reconnaitra. Elle se reconnaitra.

Plaisir

J’ai connu une femme, il y a longtemps. Elle s’appelait Catherine. Elle avait des pieds très sensuels. J’en ai déjà parlé, je crois. Ailleurs. Mais c’est sans importance. Cette vidéo, je l’ai déjà montrée. Mais c’est également sans importance. Elle était, de plus, superbement gaulée si vous me passez l’expression. Catherine, pas la vidéo. La fille de la vidéo est charmante, quoiqu’un peu mince à mon goût. Mais on ne peut pas tout avoir. Catherine, c’était différent. Nous nous sommes quittés un peu brutalement et je ne sais pas du tout ce qu’elle est devenue. Je n’étais pas vraiment amoureux d’elle, je l’aimais bien, c’est tout. Elle aimait porter des vêtements près du corps. Des chemisiers, des pull-over. Les hommes la regardaient. Toujours au même endroit. Elle avait de quoi les rendre fou. Cela devait lui plaire ce désir qu’elle inspirait. Et moi, pendant ce temps, pendant qu’elle me racontait ça, je soulevais son pull. Lentement, très lentement.

Lucien Guitry

Né en 1860 et mort en 1925, Lucien Guitry n’a pas seulement été le père de Sacha Guitry, il a été le plus grand comédien de son temps. L’égal de Sarah Bernhardt – pour qui Jean Cocteau avait inventé le terme Monstre sacré. Le père et le fils n’ont pas toujours été en très bon termes, notamment lorsque Sacha a eu l’idée saugrenue de piquer la maitresse de son père pour en faire sa femme. Elle était comédienne, elle s’appelait Charlotte Lysès et c’est elle qui a créé Faisons un rêve, avec Sacha Guitry, bien entendu, et le grand Raimu, en 1916. C’est pour son père que Sacha a écrit la pièce Le comédien. Après une rupture qui a durée plusieurs années, le père et le fils ont fini par se réconcilier.

Voici le portrait que faisait Sacha Guitry de son père. Un très beau portrait.

La Maman et la Putain

Où il est question de sexe, d’amour, de désillusion, des années 70, de feu 68, du temps qui passe, d’un texte sans fin et génialissime, de relations impossibles, de grands soirs qui n’auront jamais lieu.

La Maman et la Putain est un film français écrit et réalisé par Jean Eustache en 1973. Le film est considéré par de nombreux critiques comme un chef-d’œuvre du cinéma.

Le film a été tourné entre le 21 mai et le 11 juillet 1972. Avec Françoise Lebrun, Bernadette Lafont, Jean-Pierre Léaud, tous les trois magnifiques.

Entretien avec Françoise Lebrun, Bernadette Lafont, Jean-Pierre Léaud et Jean Eustache

A lire aussi : Dans les dessous de La Maman et la Putain

Jaurès

Discours de Jean Jaurès au Pré Saint-Gervais contre la loi de 3 ans de service militaire devant 150 000 personnes, le 25 mai 1913. © Maurice Branger/Roger-Viollet

Témoignage de Raymond Velut sur l’assassinat de Jean Jaurès par Raoul Vilain, au café du Croissant, à Paris, le 31 juillet 1914

Lucien vu par Sacha

Nous nous étions revus le 7 mars 1918. Nous ne devions plus nous quitter jusqu’au 1er juin 1925 – sept années de bonheur pendant lesquelles nous avons rattrapé le temps perdu. Nous ne restions pas six heures sans nous téléphoner, douze heures sans nous voir, vingt-quatre heures sans nous écrire…

L’homme : Il eut deux vertus : la pudeur et la dignité. Pudeur morale et physique. Rien ne fut en lui ni mesquin ni mièvre. Il n’était jamais nerveux – ou bien alors il dominait ses nerfs – et je ne l’ai jamais vu impatient. Il pouvait refaire dix fois le noeud mal réussi de sa cravate sans la soupçonner d’y être pour quelque chose.

Il avait en horreur de se presser, d’ailleurs il ne se pressait jamais. Et je me suis souvent demandé comment il s’y prenait pour être ainsi toujours exact.

Il n’était aucunement vaniteux. Bien trop intelligent, bien trop « sur l’oeil » pour être vaniteux ! Mais peut-être donnait-il l’impression qu’il était orgueilleux.

L’était-il ? Je répondrais : oui, si l’on voulait bien me permettre de me servir du mot « orgueil » selon la seconde définition que Littré nous en propose : « sentiment noble, élevé qui inspire une juste confiance en son propre mérite ». Mais pour être exact, je dois dire que, s’il était orgueilleux, il l’était, à mon sens, surtout physiquement, donc d’une manière d’abord involontaire, et qu’on pouvait alors parler de lui comme Mme de Sévigné parle du mont Saint-Michel dont elle dit : « Ce mont si orgueilleux que vous avez vu si fier… »

Oui, s’il était orgueilleux, il l’était comme on est grand, comme on a de beaux yeux – malgré soi.

Et d’ailleurs, il l’était sans doute aussi, tout naturellement, comme l’était Rodin, comme Monet l’était, comme ils le sont tous – ils : les hommes supérieurs – chacun à sa manière, à sa guise, à son heure. Mais j’ajoute – et voilà qui le différencie des autres hommes de son espèce – j’ajoute que, ayant conscience de son orgueil, il s’amusait à ne pas le dissimuler, car l’idée qu’on pouvait se faire de lui une fausse opinion ne le contrariait pas.

Tromper son monde était même une de ses distractions favorites. Donc, plus il se montrait, moins son orgueil était réel… Car, en somme, il « faisait l’orgueilleux » donc il était modeste, au fond, modeste, puisque ceux qui font les modestes sont orgueilleux au fond.

Et je vais plus loin encore au sujet de cet orgueil à la fois véritable et pourtant simulé. Je ne suis pas tout à fait sûr que cette attitude ne lui ait pas semblé préférable à tout autre pour cacher son incroyable timidité.

Oui, vous avez bien lu. C’était un timide, un vrai timide. Peu de gens s’en sont rendu compte, mais je pourrais en donner des preuves. Entrer dans un restaurant, dans une salle de théâtre, dans quelque endroit public que ce fût était un supplice pour lui. Déjeuner en ville, se montrer, se sentir regardé, faire la connaissance de quelqu’un, tout cela lui était insupportable. Écrire même, lorsque ce n’était pas à des intimes ou à des indifférents, cela le paralysait à tel point que j’ai retrouvé cinquante lettres de lui, ravissantes, élogieuses, émues, qu’il destinait à des artistes, à des écrivains, à des peintres et dont il n’a jamais fait les enveloppes.

Dans ses rapports avec ceux qui n’étaient pas ses familiers, il se plaisait à prendre un air un peu distant et il aimait à dire des choses, à employer certains mots, certaines formules, comme on aime à porter tel chapeau parce qu’il vous va bien. Donc, s’il semblait distant, cela tenait à ce qu’il y avait en lui de majestueux : ses traits, sa corpulence, son port de tête, sa voix, et s’il était distant, c’est qu’il n’aimait pas la familiarité. Même, il la détestait. Un mot grossier, une expression vulgaire ne le gênait pas, mais un geste trop cordial lui était désagréable.

Je me souviens d’un acteur qui répétait avec lui, et qui, depuis deux jours, lui posait sans raison la main sur l’épaule en parlant. Le troisième jour, mon père lui dit doucement :

– Ne me touchez pas, voulez-vous.

Mais cet orgueil, si c’est de l’orgueil, cette fierté plutôt – en vérité, je n’ai pas trouvé le mot qui lui conviendrait bien – disons : cette particularité, ne se manifestait, bien entendu, jamais dans l’intimité de sa vie.

Là, c’était l’homme le plus exquis, le plus simple, le plus indulgent qu’on pût imaginer.

Il était d’une courtoisie charmante et d’une extrême politesse. Respectueux des opinions des autres, conciliant, ne réfutant les erreurs et les mensonges que par un sourire ou par un simple mot à mi-voix prononcée, il évitait de discuter, ne contredisait jamais personne et, lorsqu’il mettait en oeuvre les grâces de son esprit, je puis bien me permettre de dire qu’il était irrésistible.

Tous ses actes et toutes ses paroles étaient régis par une intelligence constamment en éveil, par un désir inné de plaire et par la crainte perpétuelle d’être en défaut. Son sens prodigieux du ridicule le rendait exigeant même envers lui. Et cette pudeur dont j’ai parlé déjà ne l’abandonnait jamais.

Il passait pour moqueur et l’on disait de lui qu’il « charriait » volontiers. Il aimait à charrier, c’est vrai. Oui, mais qui charriait-il ? Jamais un ouvrier, ni un machiniste, ni un paysan, vous le pensez bien. Seulement, je dois convenir qu’il était sans pitié pour les snobs et pour les vaniteux.
Epris de naturel et de simplicité, toute affectation le mettait en colère ou le portait à rire.

Il avait une horreur instinctive du « chiqué ». Et personne, à cet égard, ne sut mieux que lui démasquer les êtres. Les simagrées que font la plupart des gens l’exaspéraient parfois et il éprouvait un vif plaisir à plonger dans une extrême confusion demi-imbécile dont le monde des lettres et du théâtre est infesté.

Ses colères étaient très rares. Elles étaient terribles. Il posséda l’inestimable faculté d’admirer, de vénérer. Peu de grands hommes l’ont, cette faculté-là.

C’était peut-être le seul sentiment qu’il ne déguisât pas. Sa pudeur l’empêchait parfois de manifester sa tendresse, sa bonne éducation lui conseillait souvent de dissimuler son antipathie la plus vive, mais son admiration, il ne songeait jamais à la masquer….

Sacha Guitry, extrait de Lucien Guitry.

Rêve

C’est un lieu indéterminé. Une ile, peut-être, au milieu d’une ville. On ne voit pas les quais. C’est un ensemble en démolition-reconstruction mais qui n’est pas défini, dont les contours sont eux aussi indéterminés. Les formes sont à la fois visibles et invisibles. On les voit, sans les voir vraiment, mais elles sont réelles et palpables. Les bâtiments en démolition sont imbriqués dans ceux en construction.

C’est le jour, ou la nuit. Ou les deux à la fois.

Zone industrielle de Philadelphie qui aurait inspirée David Lynch pour écrire Eraserhead

Je suis avec Marie et Philippe. Philippe, semble-t-il, connait déjà les lieux. Nous sommes venus accompagner Marie qui vient d’être engagée dans un nouveau travail mais à qui on a demandé de déménager ses affaires pour les porter dans les nouveaux locaux en construction.

Elle s’en va donc à un moment donné. J’aperçois, au loin, un bâtiment qui semble assez long, mais pas très haut, il est couleur brique. Ce sont les nouveaux locaux. Ceux dans lesquels va travailler Marie. Il y a, à un autre moment, un mur de brique, assez haut, dans lequel il y a une petite ouverture. Un homme, un ouvrier, s’adresse à un autre homme qui est sur sa droite, en contrebas. L’ouvrier semble suspendu dans les airs, presque perpendiculaire au mur, mais on voit qu’il est maintenu par un filin. Il agite lentement les bras, comme s’il effectuait un numéro d’équilibriste.

En attendant Marie, nous déambulons. Nous apercevons, de l’autre côté de… quelque chose, quatre individus qui soulèvent et emportent une voiture dont les roues ont été enlevées. Cet endroit dans lequel ils se trouvent et qui semble différent, presque désert, personne ne doit y pénétrer.

Marie revient, ou est revenue. Elle me demande comment je vais rentrer. Par le métro, sans doute, mais quelle est la station la plus proche ? Elle me propose aussi de rester avec eux pour manger une pizza. J’hésite un moment, car j’ai du cholestérol (ce qui est vrai).

Rien n’est clairement fixé, définitif, puisqu’en démolition et en construction.

Je crois que c’est tout.

Une route qui me conduit

C’est un bel appartement, dans lequel je me sens très à l’aise. Il y a quelques meubles, mais il va falloir que j’aille chercher toutes mes affaires dans mon logement actuel qui n’est pas grand et que je suis content de quitter.

Je suis dans une voiture qui est, je crois, décapotable. Je roule dans un tunnel. D’autres voitures roulent dans le sens opposé. Ma route à moi est balisée. Des barrières souples maintiennent automatiquement ma voiture dans la bonne direction. Il y a une sortie que je dois prendre, mais je la manque. Et je me retrouve, au bout de quelques temps, dans un village dont les rues ne sont pas goudronnées. Une voiture, garée sur la gauche, gêne un peu le passage. Mais c’est une femme, rangée sur le côté de cette voiture, qui m’empêche de passer. Elle me tourne le dos et marche lentement. Arrivée devant cette voiture, elle se tourne vers moi et je m’aperçois, alors, qu’elle est aveugle.

Je suis finalement arrivé dans mon immeuble. Il n’y a pas hall, mais une grande allée couverte de plantes de toutes sortes sur les murs et des gens qui déambulent comme ils le feraient dans un centre commercial.

Puis je suis dans un tunnel qui doit faire partie de l’immeuble. Il est large et profond et manifestement, il est en construction car quelques blocs de pierre jonchent le sol. Un groupe de gens est assemblé et regarde un écran sur lequel j’apparais accompagné d’une autre personne. Ces gens semblent ravis car, sans doute, est-ce un exploit que nous avons réalisé. Mais il reste encore beaucoup de travail. Je suis content de me voir sur cet écran et je me trouve plutôt pas mal, mieux que ce que je pensais.

Ici ou là

Je lis, et j’écris en fonction de ce que je lis ici ou là. Je crois être aussi connecté avec le plus profond de mon être, même si le plus souvent le déchiffrement est inextricable, un peu comme un rêve qui vous obsède d’autant plus qu’on ne le comprend pas. S’agissant des rêves, c’est particulièrement le cas en ce moment. Forts et obscurs, voilà ce qu’ils sont, me prenant la tête dès le réveil. Rêves érotiques, non. Je n’en fais pas. Mon cerveau s’attarde vers d’autres recoins, comme une introspection que ma conscience refuse. Je fuis les choses, mon cerveau fuit les choses, c’est pour cette raison que je passe si facilement du coq à l’âne. C’est évidemment plus flagrant lorsque j’écris. Et si je me laisse aller, mes textes sont incompréhensibles.

Non, je ne crois pas que les choses aient un sens, ou que la vie même ait un sens, la notre comme celle des animaux ou des plantes et même du minéral. Mais je crois être un mystique. Je crois à la confusion des genres et au bouillonnement de la vie. Je crois au mystère de l’art et à la complexité de l’espèce humaine. Je crois à ce qui nous échappe et que certains appellent religion. Je ne cherche pas à avoir la foi parce que je ne veux pas définir l’indéfinissable. Nommer des choses qui ne peuvent pas être nommés, expliquer ce qui ne peut pas l’être.

Question existentielle

D’une manière ou d’une autre, j’ai l’impression que beaucoup de gens disent, à peu près, la même chose. Sur l’amour, la générosité, la recherche du bonheur, etc. Certains en parlent très bien, d’autres un peu moins bien. Ca n’a pas beaucoup d’importance, du moment qu’on en parle. Mais alors, que me reste-t-il à moi ?

16 juillet 1893

C’est la date à laquelle cette photo a été prise. Elle figure sur une ardoise, qui ressemble étrangement à un cartable, accompagnée du lieu : Villa des Grottes, Aix-en-Provence. Sont présents, sur cette photo, mes arrière-grands-parents maternels, c’est à dire les parents de ma grand-mère maternelle. Mon arrière-grand-père est à droite, dans la rangée du milieu, il porte une belle moustache et sa main gauche est posée sur l’épaule de mon arrière-grand-mère.

Il s’appelle Alfred, Henri, Antoine Bernascolle. Il est né le 6 décembre 1865, à Aix-en-Provence, il est mort le 24 janvier 1925, dans la même ville. Il est maçon. Elle s’appelle Julie Eléonore Baille. Elle est née le 16 décembre 1861, à Rians (Var), elle est morte le 15 avril 1914, à Aix-en-Provence. Ils se sont mariés le samedi 1er octobre 1892, à Aix-en-Provence.

Le petit garçon qui est assis sur les genoux de mon arrière-grand-mère est le frère ainé de ma grand-mère. Je ne sais pas quand il est né, je ne sais pas quand il est mort. Je ne sais pas si ma grand-mère, née en 1895, le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe, l’a connu. Je n’ai appris l’existence de cette photo, et de ce petit garçon, mon grand-oncle, qu’après la mort de ma grand-mère, en 1994, mais je crois savoir qu’il est mort jeune, d’après ce qu’on m’en a dit.

Bien que mon arrière-grand-mère ait les yeux fermés, cette photo a certainement été prise par un professionnel. A quelle occasion ? Je n’en sais rien. Il devait sans doute y en avoir une, importante, peut-être, car ils sont tous bien habillés, quoique que les hommes aient tombé la veste à cause de la chaleur. Ils sont tous sérieux, graves, même. On voit qu’ils n’ont pas l’habitude d’être pris en photo. Mais à cette époque, qui a l’habitude d’être pris en photo ? Mon arrière-grand-père a un air déterminé, volontaire. Même sa moustache a un air volontaire.

Je ne sais pas qui sont les autres personnes. Des amis ? Des voisins ? Des gens de la famille ?

Le jour où cette photo a été prise, les personnes qui posent devant l’objectif du photographe ne savent peut-être pas qui est Paul Cézanne, qu’ils ont peut-être croisé sur une route qui le menait à la Sainte-Victoire. Ils ne savent peut-être pas non plus qu’Emile Zola a passé son enfance à Aix et qu’il est un grand écrivain. Ils ignorent tout d’Alfred Dreyfus, l’affaire n’éclatera que l’année suivante, en 1894. Ils ont en revanche encore en tête le souvenir de la cuisante défaite de 1870, et celui de la commune, qu’on a dû leur raconter, peut-être, car ils étaient, pour la plupart d’entre eux, bien jeunes. Ils connaitront d’autres horreurs avec la guerre suivante, dans 21 ans.

Ils ne connaissent rien d’Edmond Rostand et de Cyrano de Bergerac, puisque la pièce n’a pas encore été écrite. Edmond Rostand écrira sa pièce entre 1896 et 1897 et elle sera créée au Théâtre de la Porte Saint-Martin, à Paris, en décembre 1897.

Ils ignorent tout du cinéma puisqu’il n’a pas encore été inventé.

Mark Frost’s blog

Campbell says that we have, basically, two choices in how to exist in today’s world : you can live by through and for the financial… or the mythic. I believe that the work of genuine masterful storytellers can help keep us on the second path. Among the many things you might find along that way may include a sense of meaning in life, deeper compassion and connection, maybe even something like enlightenment.

Campbell dit que nous avons, fondamentalement, deux choix dans la façon d’exister dans le monde d’aujourd’hui : vous pouvez vivre à travers et pour le financier… ou le mythique. Je crois que le travail de véritables conteurs magistraux peut nous aider à rester sur la deuxième voie. Parmi les nombreuses choses que vous pourriez trouver dans ce sens, vous trouverez peut-être un sens de la vie, une compassion et une connexion plus profondes, peut-être même quelque chose comme l’illumination. (Google traduction)

Texte issu du Blog de Mark Frost

Mark Forst est le co-auteur, avec David Lynch, de la série Twin Peaks. Son père Warren Frost était comédien (il est décédé en 2017). Il interprète le rôle du médecin, William Hayward, père de Donna Hayward (Lara Flynn Boyle), la meilleure amie de Laura Palmer (Sheryl Lee).

Faisons un rêve

C’est une pièce de jeunesse de Sacha Guitry, il a trente et un ans lorsqu’il la joue pour la première fois en 1916. La distribution est alors composée de sa première femme, Charlotte Lysès, de son ami Raimu qui interprète le rôle du mari, tandis que l’auteur tient celui de l’amant. Guitry reprend la pièce en 1921, avec Yvonne Printemps, devenue sa deuxième épouse, Raimu garde, bien entendu, son rôle. Puis, en 1936, il la porte au cinéma avec Jacqueline Delubac, sa troisième femme. Raimu est toujours là. De là à dire que les femmes passent et que les amis restent…

En 1916, l’année de la création, Guitry est un auteur jeune, mais qui a déjà nombre de succès derrière lui. Pendant cette terrible guerre de 14-18, il écrit quelque chose de léger, d’insouciant, et fait souffler un vent de jeunesse sur la scène parisienne. Il renouvelle la comédie de mœurs, l’allège de ses règles bourgeoises d’alors, crée des personnages plus proches de la réalité, invente le quotidien dans les dialogues. Il trouve une spontanéité de ton et de verbe très novatrice. Il est curieux de penser que, pour beaucoup aujourd’hui, il est un auteur bourgeois, alors qu’il a balayé toutes les règles, qu’il n’en a toujours fait qu’à sa tête, qu’il a sans cesse inventé, qu’il ne s’est jamais enfermé dans un genre, et que ses morales n’ont jamais rien de conventionnelles.

C’est, pour moi, la pièce absolue, le but à atteindre, le rêve.

Jan van Eyck

C’est d’abord le souvenir de la découverte de la peinture flamande que je ne connaissais pas. C’est l’émission Palettes qui m’a fait découvrir cette peinture et ce tableau en particulier.

Vierge du Chancelier Rolin, ou Vierge d’Autun (vers 1435).
Nicolas Rolin, Chancelier de Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, est le fondateur, avec son épouse Guigone de Salins, de l’Hôtel-Dieu de Beaune, construit de 1443 à 1457

L’Homme au turban rouge (1433). Autoportrait présumé de Jan van Eyck

Les Epoux Arnolfini (1434)

Jan van Eyck avait un frère ainé, Hubert, peintre lui aussi mais… peut-être un peu moins doué.