Sebastião Salgado

Sebastião Salgado est sans doute, pour moi en tout cas, un des plus grands photographes, sinon le plus grand photographe de reportage, et surtout le plus grand portraitiste qui surpasse tous les autres. Salgado est pour moi la référence, le but à atteindre.

La figure humaine est ce qui me touche le plus, raison pour laquelle je suis moins sensible à ses paysages ou à ses photos d’animaux, même si elles sont très belles. Dans la photo, seul l’humain m’importe, le reste me laisse assez indifférent.

Sebastião Salgado est le photographe de la condition humaine. De la difficulté d’être. Ce n’est pas l’homme révolté (ou la femme révoltée), c’est l’homme qui subit sa condition parce qu’il n’a pas le choix. Parce que refuser, ce serait faire autre chose, être ailleurs. Et il est impossible d’être ailleurs que là où nous sommes.

Sebastião Salgado travaille principalement en noir et blanc. Et il a raison. La couleur distrait. Seul le noir et blanc permet d’aller à l’essentiel.

theartofphotography.tv (source) – Amazonas images est l’agence vouée au travail de Sebastião Salgado.

Audrey’s Dance

Sherilyn Fenn – superbe – (Audrey Horne in Twin Peaks, de David Lynch et Mark Frost)

Audrey’s Dance (Instrumental) – Angelo Badalamenti

Mystère, drôlerie, cocasserie, émotion, mysticisme, frayeur, amour, amitié, il y a tout ça dans Twin Peaks, et plus encore.

Pendant ce temps

Des gens naissent, vivent, meurent. Ils travaillent, sont malades, font l’amour, rêvent, font des enfants, vont sur la lune, baisent, se font baiser, ont faim, ont soif, font la guerre, rêvent de pouvoir, sont champion du monde, écrivent, font des films, font de la musique, aiment, s’aiment, détestent, se détestent. Et au loin, le soleil, vie et mort. Explosion infernale, brûlure mortelle. Et disparition. Rien. Le vide, le néant. Et puis autre chose. Une autre forme, une autre vie. Un autre souffle, une autre respiration. Dans des milliards et des milliards d’années.

En attendant : Nous.

L. F. Céline

Un travail historique récent démontre que Céline a été un agent actif de l’Allemagne nazie, et notoirement proche de certains milieux collaborationnistes pendant l’Occupation de la France par l’Allemagne. Le rôle qu’il a joué durant cette période a longtemps été minoré, avant que la recherche historique ne fasse la lumière à ce sujet. Son antisémitisme s’est exprimé avec virulence dans des pamphlets dès 1937.

Court extrait d’une interview réalisée en 1959

Louis-Ferdinand Céline, faux cul du début à la fin. Le journaliste le piège : Vous m’avez dit, un jour, que vous vous considériez comme le plus grand écrivain vivant. Il ne réagit pour ainsi dire pas, ou à peine. C’est un peu exagéré, répond en substance l’affreux. Céline savait très bien que son style était novateur, qu’il avait inventé quelque chose d’inédit. Il l’écrit très clairement dans une lettre adressé à Gallimard au moment de Voyage au bout de la nuit. Pour l’éditeur qui aura le courage de publier ce livre, c’est le prix Goncourt assuré. Gallimard ne publiera pas le Voyage, comme on l’appelle, il sera publié par Denoël, autre antisémite notoire, qui finira assassiné en 1945 dans d’étranges circonstances. Céline était un écrivant de grand talent, certes, mais c’était surtout un salaud de la pire espèce. Comment ne pas y penser en lisant ses livres. Certains disent, ils y a deux Céline, celui du Voyage, de Mort à crédit et celui des Beaux draps ou de Bagatelles pour un massacre, autrement dit, un bon et un mauvais. Non. Il n’y a qu’un Céline qui s’est, peut-être, forcé à écrire des livres globalement propres sur eux pour vendre, même si rien n’était assuré étant donné la nature de son style. Mettre en avant ses oeuvres propres, c’est quelque part nier, mettre à part, ses oeuvres sales, comme si elles étaient un accident, du laisser-aller, alors que Céline est partout, dans les unes comme dans les autres.

Le Monde des livres du 8 février 2017, compte rendu de Céline, la race, le juif. Légende littéraire et vérité historique d’Annick Duraffour et Pierre-André Taguieff, Fayard, 1 178 pages, 35 €.

Homophobie

La réponse subtile de Marina Foïs aux commentaires homophobes sur l’une de ses photos

Source : huffingtonpost.fr

Et après, on viendra me demander pourquoi je ne mets plus les pieds sur les réseaux sociaux…

Je ne suis pas homo, mais je trouve la photo assez sexy.

Correction : Oui, il m’arrive d’y aller sur les réseaux sociaux, même sur Facebook, mais de moins en moins. Il est toujours un peu facile de tomber dans l’exagération. Je n’ai rien contre la liberté, bien au contraire, mais je suis contre l’anarchie, car elle est, à mon sens, la porte ouverte vers la dictature.

Violences

J’ai longtemps réfléchi au titre de ce post, trop de mots me venant à l’esprit. Les situations que vivent certaines femmes sont épouvantables. Violences physiques, verbales. Agressions sexuelles. Il faudrait parler, aussi, du harcèlement au quotidien. Celui qui passe, plus ou moins, inaperçu. Dans la rue, les transports en commun, les entreprises. Les femmes parlent et dénoncent de plus en plus depuis l’affaire Harvey Weinstein. Mais attention aux dénonciations calomnieuses, fausses et sans fondement.

L’absurde

Le sentiment de l’absurde peut surgir de la « nausée » qu’inspire le caractère machinal de l’existence sans but ; il peut naître du sentiment de l’étrangeté de la nature, de l’hostilité primitive du monde auquel on se sent tout à coup étranger. Ou encore de l’idée que tous les jours d’une vie sans éclat sont stupidement subordonnés au lendemain, alors que le temps qui conduit à l’anéantissement de nos efforts est notre pire ennemi. Enfin, c’est surtout la certitude de la mort, ce « côté élémentaire et définitif de l’aventure » qui nous en révèle l’absurdité. En fait, ce n’est pas le monde qui est absurde mais la confrontation de son caractère irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme. Ainsi l’absurde n’est ni dans l’homme ni dans le monde, mais dans leur présence commune. Il naît de leur antinomie. « Il est pour le moment leur seul lien. Il les scelle l’un à l’autre comme la haine seule peut river les êtres. »

Albert Camus au journal Combat, qu’il dirige de 1943 à 1947

Ce monde en lui-même n’est pas raisonnable, c’est tout ce qu’on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme. Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.

Un jour seulement, le ‘pourquoi’ s’élève et tout commence dans cette lassitude teintée d’étonnement. Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.

L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.

Henri Guillemin

Qui était Henri Guillemin ? : Henri Guillemin était un historien. Mais un historien peut être pas tout à fait comme les autres. Et si je dis pas tout à fait comme les autres, c’est qu’il était considéré par nombre de ses confrères comme un polémiste, un partisan. Il est vrai que c’était un homme de gauche, un vrai, lui, et que ça se voyait, ça s’entendait, surtout lorsqu’il vous racontait une histoire, lorsqu’il vous racontait l’histoire. Et il l’a beaucoup racontée, notamment lors de conférences qu’il a donné à la télévision suisse romande entre les années soixante et les années quatre-vingt. Et c’est autant ce qu’il racontait que sa façon de raconter qui m’a, n’ayons pas peur des mots, fasciné.

S’il était polémiste, ou partisan, j’ai été, oui, c’est le mot, fasciné par sa force de conviction, par la passion qu’il mettait à nous raconter Napoléon (qu’il n’épargne pas) ou Pétain (qu’il épargne encore moins) ou Jeanne d’Arc (pour laquelle il éprouve tendresse et admiration) ou la Commune. Et si on a pu lui reprocher une certaine subjectivité, parce qu’il aurait privilégié, sciemment ou non, tel témoignage plutôt que tel autre, il suffit de l’entendre pour découvrir un homme intelligent, drôle et souvent sarcastique.

Et s’il pouvait avoir tendance à s’éloigner quelque peu de la vérité historique il était, en tout cas, sincère et vrai dans l’approche des personnages ou des faits qu’il évoquait, et je pense, là, tout particulièrement à la Commune.

Qu’est-ce que c’est la Commune ? De quoi s’agit-il ? C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui veulent la liberté, qui veulent la république, pas une république de bourgeois, de nantis, de gens de bien ou d’honnêtes gens, c’est parait-il ainsi qu’ils se désignaient eux-mêmes, non, une république ou chacun aurait sa part de bonheur et où les pauvres, la canaille, comme les appelaient certains, ne seraient pas condamnés à rester pauvres. Pauvres et muets, car qui aurait souhaité leur donner la parole au risque de voir s’écrouler un équilibre social ou les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. L’histoire est un éternel recommencement dirait-on.

Henri Guillemin est du côté du peuple, cela est certain et est-ce tromperie que de voir l’histoire de son côté et non de celui des gens de biens, je ne le crois pas. Mais je ne suis sans doute pas très objectif.

On disait de lui, et on le dit encore, qu’il était un merveilleux conteur. Sans doute. Mais pas seulement. C’était un passionné, un humaniste, un honnête homme qui ne cherchait pas les honneurs et aussi un homme courageux qui n’hésitait pas à remettre en question l’histoire officielle. A cet égard, ce qu’il dit sur Pétain, que beaucoup ont essayé de faire passer pour une victime, est frappant, car l’on sait aujourd’hui que la politique de Vichy, de l’état français, était une politique agressive, conduite d’une main de fer par un homme qui n’aimait ni la république, ni ce qui pouvait ressembler, de près ou de loin, au socialisme.

Historien, critique littéraire, conférencier et polémiste français reconnu pour ses talents de conteur historique et pour ses travaux sur les grands personnages de l’histoire de France.
(Source Wikipédia)

Les vidéos d’Henri Guillemin sont disponibles sur le site de la Radio Télévision Suisse (RTS).

Henri Guillemin, Historien, Jeanne, La Commune

Rebekah Del Rio

Llorando magnifiquement interprété par Rebekah Del Rio dans le film de David Lynch, Mulholland Drive (2001 – Studiocanal, Les Films Alain Sarde, Asymmetrical Productions, Babbo Inc.,The Picture Factory), avec, notamment Naomi Watts, Laura Harring, Justin Theroux, Ann Miller et Angelo Badalamenti.

Ce film, un autre film de David Lynch, m’a totalement fasciné. Je l’ai vu à sa sortie et je me souviens avoir vécu avec lui pendant plusieurs jours. J’avoue que, sur le moment, je n’ai pas très bien saisi les deux partie. La partie réelle et la partie rêvée, ou fantasmée, par le personnage interprété par Naomi Watts. Ce n’est que bien après que j’ai compris. Tout est génial. Le scénario, la réalisation, l’interprétation. Décidément, David Lynch est pour moi un rêveur, un poète, doté d’une intelligence remarquable qui lui permet de mettre en forme ses rêves sans les dénaturer. Car tous ses films sont comme des rêves éveillés, ses films mais aussi sa série Twin Peaks qu’il a créé et écrit avec Mark Frost. C’est comme s’il avait un accès direct à une partie de son cerveau qui nous est parfaitement inconnue, sauf, peut-être lorsque nous rêvons.

Renaissance

Ce n’est pas faire du neuf avec du vieux, c’est autre chose, une sorte de renaissance. Une nouvelles vie, non, certainement pas, on ne fait que continuer, mais on peut continuer différemment. Inutile d’expliquer les différences avec mon autre blog, ceux qui visiteront celui-ci les verront bien par eux-même.

J’ai donc repris certains posts et j’ai même récupéré des commentaires, histoire d’accentuer le lien avec ce qui a été publié ailleurs.

C’est tout. Pour le moment.